Cinéma : programmation du Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz, priorité à la qualité – Sud Ouest

Il est temps de retourner au cinéma. C’est ce que dit la programmation du 9e Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz, présentée ce jeudi 15 septembre au soir au cinéma Le Select, en préambule de la projection du long-métrage de Léopold Legrand, « Le sixième enfant ». Il est temps : que ce soit pour y activer ses neurones devant un drame, les laisser au repos avec une bonne comédie ; pour aider cette industrie qui souffre encore des conséquences de la crise sanitaire et l’explosion des plateformes de streaming ; pour aller au spectacle et laisser au-dehors l’anxiété.
En 2020, au sortir du confinement et alors qu’il était parvenu à maintenir l’organisation du festival au côté de Saint-Jean-de-Luz animations et commerces et de Xabi Garat, gérant du Select, le directeur artistique Patrick Fabre fixait l’objectif de « ramener les gens dans les salles, de leur redonner l’amour de la salle. Pas celui du cinéma, parce que les gens continuent à regarder des films chez eux, mais vraiment cette notion d’aller au cinéma ».
Ce jeudi, à quelques heures de dévoiler la liste des 20 longs-métrages (dont 10 en compétition) qui seront projetés du 3 au 9 octobre, il analysait comme une tendance les records de fréquentation connus lors d’un festival comme celui d’Angoulême, et même celui de Saint-Jean-de-Luz en 2021 : « Il faut désormais faire la différence entre le cinéma événement et le cinéma produit de consommation. Pour le premier, il y a une vraie appétence, alors que l’on constate dans le même temps, au long de l’année, une baisse de 30 % dans les salles. »
La qualité créative ne saurait être remise en cause. Pour réaliser la sélection luzienne, Patrick Fabre a visionné une centaine de films. Dont une belle proportion d’œuvres françaises : « Ce qui s’explique assez facilement puisque même en période de Covid, la production a été fortement soutenue par des organismes comme le Centre national du cinéma et on a pu continuer de tourner en France, même si c’était dans des conditions particulières. Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de films français qu’étrangers. C’est plus qu’une exception culturelle. »
Le cinéma ne vit pas dans une bulle. Ce qui caractérise son importance. Croire que la présence d’un film ukrainien (« Butterfly vision ») dans la sélection en compétition était donc cousue de fil blanc serait pourtant une erreur : « Je l’ai d’abord pris parce que c’est un super film. J’essaye généralement d’éviter les longs-métrages qui sont allés à Cannes. Il y était, dans la sélection ‘’Un certain regard’’. Mais je ne pouvais pas passer à côté de cette histoire d’une soldate ukrainienne qui revient du Donbass (le film a été tourné avant l’invasion russe, alors que le conflit avec les séparatistes était déjà né dans la région, NDLR). Nous aurons la chance de compter sur la présence du réalisateur Maksym Nakonechnyi. C’est très instructif, très humain. »
L’humain revient souvent dans les propos du directeur artistique. C’est aussi le terme utilisé pour décrire le film présenté ce jeudi, « Le sixième enfant », « qui aurait été dans la programmation du festival s’il n’était pas sorti aussi tôt », assure Patrick Fabre. Qui promeut aussi la diversité et l’ouverture à tous les publics.
Ses premiers mots pour décrire cette 9e édition sont à destination des jeunes, de 3 à 18 ans, qui ont fait l’objet d’une attention particulière : « C’est un effort collectif, voulu par la Ville et les divers établissements scolaires. Environ 1 300 élèves sont inscrits aux diverses projections — dont celles de ‘’L’Astronaute’’ et ‘‘Les Engagés’’, deux films de la sélection — et animations qui leur seront réservées. »
Disons le enfin, le Festival international du film, c’est aussi le défilé de réalisateurs, acteurs et actrices qui apportent une touche glamour, « avec une rare proximité », apprécie encore Patrick Fabre : les noms d’Alysson Paradis (sœur de), Élodie Bouchez, Benjamin Lavernhe, Ana Girardot, Stéphane Freiss, Aure Atika, Alex Lutz, Alexis Michalik ou encore Pascale Arbillot, parmi ceux dont la présence est annoncée à Saint-Jean-de-Luz, résonneront aux oreilles des cinéphiles.
Qui apprécieront tout autant de connaître la composition d’un jury lui aussi « très classe à Dallas, mais à Saint-Jean-de-Luz », s’amuse le directeur : il sera présidé par la comédienne Géraldine Pailhas, accompagnée de Charlène Favier, Stéphane Foenkinos, Jean-Paul Gaultier et Valérie Karsenti : « Nous savons très bien où se situe le festival. Mais il gagne en notoriété. Et gagner un prix ici, avoir l’estampille sur l’affiche, cela constitue un atout pour sortir de la masse. »

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