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Olivier Rajchman
Publié le 18/07/22
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Adele Haenel et Gaspard Ulliel dans « Un peuple et son roi », de Pierre Schoeller (2018).
Photo Jérôme Prébois/Les Films du Fleuve
Si Renoir met en chantier ce film, financé par une souscription de la CGT et exaltant la levée en masse des citoyens de la jeune République, c’est par défaut. À l’origine, il voulait réaliser un film sur la récente victoire du Front populaire. Le projet n’étant pas viable, il se rabat sur cette fresque révolutionnaire, « époque qui [selon lui] offrait le plus de similitude avec la nôtre ». Lyrique et sociale, cette épopée, ancêtre du film choral, est pourtant un échec au box-office.
L’homme qui s’accommoda de l’Occupation, intervint pour sauver son ami juif Tristan Bernard, mais subit l’épuration, plaida sa cause et régla quelques comptes – avec esprit – dans ce diptyque aux couleurs de la réconciliation nationale. Mais si, dans Versailles, c’est Édith Piaf qui chante le Ça ira et emballe les foules, son Paris vante la dignité du couple royal tandis qu’il tourne en dérision les figures de la Révolution. Le public s’y retrouve avec près de 10 millions de spectateurs.
Jean-Paul Belmondo traverse la Révolution comme un touriste, à grandes enjambées, dans cette délectable comédie qui ne méprise jamais le peuple, mais condamne le cynisme et les excès de chaque camp (Julien Guiomar côté sans-culottes ; Michel Auclair côté princes). Porté par la musique de Michel Legrand et un casting éblouissant, tourné en Roumanie et filmé, pour son final, à la façon d’un western, ce Rappeneau grand cru attira 2 822 567 Français en salles.
Et si nous devions à un Italien l’un des meilleurs films sur notre Révolution ? Idée géniale : Scola filme, comme un microcosme, le carrosse suivant celui de Louis XVI et de Marie-Antoinette lors de leur fuite, avant l’arrestation à Varennes. Passagers de l’équipage, Marcello Mastroianni (sublime Casanova décati), Jean-Louis Barrault, Hannah Schygulla, Harvey Keitel, Andréa Ferréol, Jean-Claude Brialy et Michel Vitold refont le (nouveau) monde. Seuls 461 000 spectateurs suivront.
Une nouvelle fois, un cinéaste se sert de la Révolution pour faire un parallèle avec une actualité qui le concerne. Pour Wajda, la France de 1794, c’est la Pologne en état de siège de 1982. Avec, à la place de Jaruzelski-Walesa, un face-à-face entre Robespierre le pur et Danton le jouisseur. Si ce dernier est incarné avec une puissance rare par Depardieu, le film offre une vision peu reluisante de la Terreur qui se pare de la vertu pour couvrir ses crimes. Succès honorable avec 1 392 779 entrées.
Jean Yanne règle ses comptes avec la gauche mitterrandienne dans cette farce nihiliste où les meneurs de la Révolution trahissent les espoirs du peuple, lequel n’est pas valorisé pour autant. Tentant de rééditer le triomphe du jubilatoire Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, Yanne charge son film de gags et d’anachronismes inégaux. Doté d’un budget conséquent, il échoue à 778 787 spectateurs ce qui met un terme à sa carrière de cinéaste.
Une œuvre testamentaire mal aimée, victime d’un remontage cinéma qui va en dénaturer, en partie, l’esprit. Mais un film sincère, à la fois sombre et caracolant, où le royaliste de Broca est plus mesuré qu’on ne le dit. Défenseur de l’esprit des Lumières, il ne sauve, au fond, que le personnage du noble rêveur, libéral et désespéré face à la folie de ses contemporains qu’incarne Philippe Noiret. Grosse production, Chouans ! ne rentrera pas vraiment dans ses frais, avec 1 634 829 entrées.
Commande d’État, ce diptyque, coproduction internationale basée sur les travaux de l’historien François Furet, a été trop vite rangé au rayon des académiques. C’est en réalité une synthèse foisonnante et limpide où la distribution, bien qu’hétéroclite, s’avère remarquable (Jean-François Balmer est un Louis XVI des plus crédibles). La musique de Georges Delerue, portée par Jessye Norman, est un chef-d’œuvre qui vaut bien La Marseillaise. Mais les Français, gavés de commémoration cette année-là, boudèrent le film qui n’atteint pas les 900 000 spectateurs.
Cette chronique de la semaine qui suivit la prise de la Bastille, à la cour de Versailles, dans l’entourage de Marie-Antoinette, ne manque pas d’audace. Adaptant le roman éponyme de Chantal Thomas, Jacquot adopte un point de vue féminin, interroge le désir, à travers le rapport liant la reine à sa jeune lectrice, et offre un film littéraire et sensuel de haute tenue. Mais s’il récolta une brassée de prix (dont le Louis-Delluc et trois César techniques), il fut un franc échec au box-office, avec 540 000 entrées.
Un casting branché et inspiré (à l’exception de Laurent Lafitte, qui n’est jamais Louis XVI), une vision féministe et populaire, un soin apporté aux décors, aux costumes et à la lumière ; le film de Schoeller, cinéaste passionné par les problématiques politiques et sociales, avait tout pour plaire… à seulement une partie de la critique. Ambitieuse, sa fresque d’un petit peuple à l’origine de la Révolution n’attira que 250 000 spectateurs. Et ne permit pas à Schoeller, qui en rêvait, de lui offrir une suite.

À voir
r et p Un peuple et son roi, lundi 18 juillet, 21h:10, France 3.
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