Les 10 bons films à ne pas manquer cet été – Les Échos

L'été 2022 n'a rien d'une saison désespérante pour les amateurs de cinéma. Jusqu'à la fin du mois d'août, de nombreux films originaux donnent d'excellentes raisons de fréquenter les salles obscures. La preuve par dix.
Par Olivier De Bruyn
Il fut un temps où l'été était synonyme de disette pour les spectateurs en quête de nouveaux films stimulants. Hormis quelques reprises, les salles obscures, occupées quasi exclusivement par des blockbusters, ne proposaient rien d'excitant et les cinéphiles frustrés en étaient réduits à attendre patiemment la rentrée.
Ce n'est plus le cas désormais et les distributeurs ont compris que le public pouvait être au rendez-vous en cette saison autrefois considérée comme maudite. Alors que trois films marquants sont sortis sur les écrans récemment ( « La nuit du 12 » de Dominik Moll , « Rifkin's Festival » de Woody Allen et « Les nuits de Mashhad » d'Ali Abassi ), plusieurs autres fictions mériteront d'être découvertes dans les semaines à venir. Présentation en avant-première.
Olga (Marina Foïs) et Antoine (Denis Ménochet), un couple de Français, sont installés depuis plusieurs années dans une région déshéritée de l'Espagne où ils tentent de faire vivre une modeste exploitation agricole. L'hostilité de leurs voisins, qui n'ont jamais accepté la présence de ces intrus sur « leur » sol, se transforme progressivement en haine et en sombre menace. Jusqu'au pire peut-être… Dans « As Bestas », un film noir tendu à l'extrême et une réflexion puissante sur la violence et l'obsession identitaire, Rodrigo Sorogoyen (auteur en 2019 du remarqué « Madre ») signe une fiction envoûtante qui confirme son talent de scénariste et de metteur en scène. Un des musts de l'été.
Une jeune nonne quitte son monastère pour se rendre dans un hôpital. Elle entame une aventure à haut risque où elle croisera sur sa route (entre autres) un inquiétant chauffeur de taxi et un flic qui dissimule de ténébreux secrets… Le cinéma roumain n'en finit pas de révéler de nouveaux talents. La preuve avec Bogdan George Apetri qui, dans le bien nommé « Dédales », met en scène une histoire labyrinthique et troublante.
Noémie Merlant, l'actrice de « Portrait de la jeune fille en feu », de Céline Sciamma n'est pas seulement une des meilleures comédiennes de sa génération, mais aussi, d'ores et déjà, une réalisatrice talentueuse. Elle le démontre dans « Mi Ubita », mon amour, son premier essai derrière la caméra, où elle met en scène avec fougue et sensualité les aventures en Roumanie de trois jeunes héroïnes indécises. Un coup d'essai qui donne très envie de découvrir ses films à venir.
Un riche héritier en vacances à Acapulco abandonne sa famille pour se perdre dans les quartiers mal famés de la ville… Le cinéaste mexicain Michel Franco, à l'instar de son confrère autrichien Michael Haneke, aime mettre en scène des fictions déstabilisantes qui radiographient les zones d'ombre de ses personnages. Il le confirme dans « Sundown », l'histoire implacable d'une déchéance où, sept ans après « Chronic », le cinéaste dirige une nouvelle fois Tim Roth, impressionnant dans la peau du héros mal-en-point.
Les frères Boukherma avaient reçu un bel accueil critique l'an passé avec Teddy, leur film de loup-garou… loufoque. Le duo s'essaie aujourd'hui à la comédie absurde avec « L'année du requin », une fiction déjantée où ils mettent en scène une gendarme bientôt à la retraite (Marina Foïs) en lutte contre un requin qui sème la panique dans une station balnéaire des Landes. Kad Merad figure également dans la distribution de cette version française déjantée des « Dents de la mer ».
Epouse d'un footballeur célèbre, Veronica Lara est une superstar au Chili grâce à ses « prestations » sur les réseaux sociaux où elle rassemble un nombre incalculable de followers… Dans cette fiction sur la puissance destructrice des univers virtuels, le réalisateur chilien Leonardo Medel dresse le portrait étonnant d'une jeune femme à la fois insupportable et émouvante. Dans la peau de cette dernière, une révélation : Mariana Di Girolamo qui, avec ses faux airs de Victoria Abril, hante chaque plan du film.
Dans un futur indéterminé et sinistre… Lubicchi, un petit ramoneur, survit dans une mégalopole enfumée où personne n'a jamais vu le ciel. En compagnie d'une créature solitaire, Poupelle, il cherche à prouver que les étoiles existent bel et bien… Dans ce film d'animation japonais, Yusuke Hirota invente un univers poétique qui, dans ses meilleurs moments, rappelle « L'étrange noël de Monsieur Jack », de Tim Burton.
Attention événement ! Dans ce film qui figurait en compétition lors du dernier Festival de Cannes, le réalisateur iranien Saeed Roustaee (auteur, l'an passé, du remarquable « La loi de Téhéran ») examine les combines pitoyables d'une famille prête à tout pour s'enrichir. Résultat : une fiction ultra-corrosive sur l'Iran d'aujourd'hui où, si l'on en croit le cinéaste, la crise économique et la corruption généralisée entraînent les citoyens « ordinaires » à ne plus respecter aucune morale et à ne plus se respecter eux-mêmes.
Nathalie, une fonctionnaire de l'Union Européenne, se rend en Sicile pour organiser une prochaine visite d'Emmanuel Macron et d'Angela Merkel. L'héroïne est témoin des dysfonctionnements (euphémisme) dans l'accueil des migrants et retrouve par ailleurs son fils, un militant radical qui oeuvre pour une ONG. Dans « La dérive des continents (au sud) », le cinéaste suisse Lionel Baier signe une comédie intime et politique insolente. L'occasion pour Isabelle Carré, dans le rôle principal, d'incarner un nouveau rôle convaincant.
Gérard Depardieu et Georges Simenon, déjà le retour ! Sept mois après le convaincant « Maigret » , de Patrice Leconte, l'acteur interprète une nouvelle fois un personnage inventé par le romancier belge dans « Les volets verts », de Jean Becker, le dernier film scénarisé par le regretté Jean-Loup Dabadie. Depardieu y incarne Maugin, un acteur de théâtre célèbre qui ne semble plus croire ni en son métier ni en lui-même. Sa rencontre avec une jeune femme le réconciliera peut-être provisoirement avec l'existence… Malgré une mise en scène illustrative, cette adaptation de Simenon se distingue par sa singularité et sa sensibilité.
Olivier de Bruyn
Tous droits réservés – Les Echos 2022

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