Godard : adieu au grand punk du cinéma (français) – EcranLarge

À bout de souffle, Pierrot le fou, Le Mépris, Bande à partRéalisateur majeur de la Nouvelle Vague et immense source d’inspiration pour le cinéma international, Jean-Luc Godard s’est éteint à l’âge de 91 ans. 
5 raisons de ne pas détester Godard
L’été touche à sa fin, et plusieurs pages se tournent pour le cinéma. Après Alain Tanner et William Klein, c’est le réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard qui s’en est allé ce mardi 13 septembre, a annoncé Libération.
En tant que l’un des chefs de file de la Nouvelle Vague française, il a marqué l’histoire du cinéma et compte parmi les figures les plus influentes du septième art. Créateur prolifique à l’œuvre colossale, Jean-Luc Godard a été la source d’inspiration d’entre autres Jean Eustache, Philippe Garrel, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Brian De Palma ou Quentin Tarantino.
Pour faire simple : qu’on l’aime ou pas, Godard est un génie.
 
Jean-Luc Godard : photoL’homme à la cigarette
 
Après une jeunesse turbulente en Suisse où il s’essaye à la critique et aux courts-métrages amateurs, il vient étudier à Paris, à la Sorbonne. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de la jeune critique française, notamment François Truffaut ou Éric Rohmer. Il devient avec certains d’entre eux le cofondateur de La Gazette du cinéma en 1950, et il publie ses premiers articles professionnels dans les Cahiers du cinéma en 1952.
En 1957, il tourne Tous les garçons s’appellent Patrick, un court-métrage écrit par Éric Rohmer et produit par Pierre Braunberger – dont il a été le monteur auparavant. Toutefois, c’est en 1960 que Jean-Luc Godard est véritablement révélé au cinéma grâce à son premier chef d’œuvre célébré : À bout de souffle.
Inspiré par le succès de François Truffaut à Cannes, Jean-Luc Godard a ainsi écrit et réalisé son premier long-métrage avec À bout de souffle. C’est déjà sa deuxième collaboration avec Jean-Paul Belmondo (avec qui il avait déjà tourné un court-métrage) mais ce film fera leur renommée.
Avec plus de 2 millions d’entrées en France, Godard établit d’entrée son propre record au box-office (qu’il ne battra jamais), et marque tous les esprits avec un premier choc cinématographique sans équivalent. À bout de souffle reste à l’affiche dix-sept semaines aux États-Unis et provoque une collision d’opinions, certaines controverses, mais aussi beaucoup d’enthousiasme. Dans sa critique du film, Georges Sadoul affirmera que Godard avait alors “flanqué le feu à toutes les grammaires du cinéma.” 
 
À bout de souffle : Jean Seberg, Jean-Paul BelmondoQuand le cinéma était finalement loin d’être à bout de souffle
 
Le cinéaste n’a alors que 30 ans et il s’impose aussitôt à la vue de tous. Il devient très vite, aux côtés de ses comparses François Truffaut, Jacques Rivette ou Éric Rohmer, une figure incontournable de la Nouvelle Vague. Ce phénomène fascine (au-delà de la France) et, avec Godard, trouve un deuxième souffle.
En 1963 il réalise une de ses plus importantes œuvres : Le Mépris, avec Michel Piccoli et Brigitte Bardot. Il y adapte le roman d’Alberto Moravia. Il lie alors son cinéma avec la littérature qu’il aime tant, et iconise une des plus grandes stars françaises de son époque, dans l’un de ses meilleurs rôles. 
 
Le Mépris : photo Brigitte Bardot, Michel PiccoliMichel Piccoli et Brigitte Bardot dans le Mépris
 
Jusqu’en 1966, il tourne beaucoup avec sa première muse et femme, Anna Karina. Il s’essaye alors à de nombreux genres de cinéma alors qu’il est encore à l’aube de sa filmographie. On pense à Petit Soldat, drame politique sur fond de guerre d’Algérie ; Alphaville, un essai à la science-fiction dans la lignée de La Jetée  de Chris Marker; mais aussi et surtout, à Pierrot le fou.
Il y retrouve Jean-Paul Belmondo, devenu très populaire depuis, dans un road movie halluciné s’affranchissant des règles classiques du montage, et dont l’influence esthétique est à nouveau stupéfiante.
 
Pierrot le fou : photo, Anna Karina, Jean-Paul BelmondoVoyage à deux… mais plus pour longtemps
 
Le duo que Belmondo forme avec Anna Karina est légendaire, et d’une force symbolique sans pareil lorsque l’on sait que Godard est en train de quitter cette dernière et que son cinéma est sur le point de muer irrévocablement. 
Pierrot le fou est salué par de nombreux critiques comme l’un des sommets de son art, et l’apothéose de son œuvre telle qu’amorcée depuis À bout de souffle. Après avoir vu le film, Louis Aragon écrira même dans Les Lettres françaises : “Il y a une chose dont je suis sûr […] : c’est que l’art d’aujourd’hui, c’est Jean-Luc Godard.
Une ère de grâce qui s’achève après sa rupture avec Anna Karina, là où commence sa période militante en 1968.
 
Bande à part : photoBande à part
 
Entre 1967 et 1968 émerge un nouveau Jean-Luc Godard. De plus en plus engagé, le cinéaste se revendique bientôt antisystème et maoïste. Il réalise des films désormais en accord avec ses idéologies, en commençant par La Chinoise puis Week-End.
Une époque tumultueuse de métamorphose à la fois politique et artistique – qui a d’ailleurs été le sujet du livre Un an après, d’Anne Wiazemsky, la femme de Godard à cette époque. Oeuvre qui été adaptée par Michael Hazanavicius dans Le Redoutableen 2017, qui revient sur ce moment précis de la vie du réalisateur.
 
La Chinoise : photo, Anne Wiazemsky, Jean-Pierre LéaudAnne Wiazemsky et Jean-Pierre Léaud dans La Chinoise
 
 
Rejeté par ceux qu’il admire – les situationnistes et les maoïstes – il s’investit néanmoins davantage dans sa quête militante. Pendant mai 68, il rejoint les manifestations et appelle au boycott du Festival de Cannes en solidarité avec les étudiants. L’échec de 68 l’entraîne à aller plus loin encore en faisant sécession avec l’industrie du cinéma.
Reniant sa propre œuvre, qu’il juge trop bourgeoise, Jean-Luc Godard sacrifie également son nom pour se vouer au groupe Dziga-Vertov, un collectif artistico-révolutionnaire. Le cinéaste disparaît médiatiquement, et pourtant il co-réalise jusqu’à six films internationaux en deux ans. 
 
Week-end : photoLe Week-end, selon Godard

 
Après avoir tourné avec Dziga Vertov des films sur le front tchécoslovaque ou en Jordanie, il passe dans les années 70 à l’expérimentation vidéo, en compagnie de Anne-Marie Miéville, sa nouvelle compagne. Des œuvres comme Numero deux, Ici et ailleurs, Six fois deux – sur et sous la communication, détournent la dialectique et l’esthétique de la télévision.
Le retour du cinéaste dans les salles se fait avec Sauve qui peut la vie, avec Jacques Dutronc et Nathalie Baye, qui sort en 1979 et affiche plus de 600 000 entrées au box-office. Le film est sélectionné au Festival de Cannes en 1980, ainsi que deux autres de ses longs-métrages, Passion et Detective. En 1983, il obtient le Lion d’or du Festival de Venise pour Prénom Carmen.
Ainsi, le réalisateur antisystème se réconcilie avec le monde du cinéma, invitant de nombreuses vedettes dans ses films (Isabelle Huppert, Nathalie Baye, Jacques Dutronc, Alain Delon, etc) et se joignant aux célébrations des cérémonies à récompenses. Il est toutefois bien changé (une fois de plus), laissant derrière lui le marxisme pour une vision plus métaphysique de son art de lui-même.
De son propre aveu, il entame alors sa troisième vie de cinéma.
 
Sauve qui peut (la vie) : photo Isabelle Huppert, Jacques DutroncC’est toujours la même histoire : Boy meets girl
 
Ayant migré du combat politique à la fascination du sacré, Jean-Luc Godard se fait ermite et imprègne ses œuvres d’une obsession pour l’expérience mystique des images et du passé. Il touche à nouveau les cinéphiles, mais s’enferme de son côté sur sa propre perception du cinéma et de l’histoire qu’il veut en faire.
J’existe aujourd’hui en une étroite solidarité avec le passé. Je refuse d’oublier parce que je ne veux pas déchoir” explique-t-il en 1995, lors de sa réception du prix Adorno. C’est durant cette décennie qu’il assemble ses œuvres les plus personnelles, où il s’occupe souvent de faire lui-même la narration et le commentaire de ce qu’il filme. Godard souhaite alors faire corps avec son art.
 
Notre musique : photoNotre musique
 
C’est entre autres Je vous salue, SarajevoJLG/JLG. Autoportrait de décembre, Dans le noir du temps (disponible sur Youtube) et bien entendu Histoire(s) du cinéma qui marqueront cette nouvelle étape dans son évolution en tant que réalisateur. Au début du XXIe siècle, il poursuit dans cette voie avec notamment Liberté et patrie et Moments choisis des Histoire(s) du cinéma. 
Il est de plus en plus éloigné de la fiction traditionnelle et accouche d’œuvres fantomatiques et tout aussi mystiques que les autres, comme avec Notre musique, en 2004, où les thèmes théologiques se mêlent à ceux de la guerre. 
En 2010, Jean-Luc Godard présente à Cannes son film ultime (proclamé ainsi), Film Socialisme, dans lequel il clôt son récit personnel avec le cinéma et la politique. Après ça, le cinéaste âgé de 80 ans se fait de plus en plus rare, mais expérimente encore. Il s’essaye notamment à la 3D avec 3x3D, sortie en 2012. Mais Cannes ne l’oublie pas et lui remet le Prix du jury en 2014 pour Adieu au Langage.
En 2018, il reçoit également une Palme d’or Spéciale pour son Livre d’image, qui sera sa véritable dernière œuvre filmique.
 
Adieu au langage : photo Héloïse GodetAdieu au cinéma
 
Maintes et maintes fois cité et célébré, Jean-Luc Godard aura été jusqu’en 2022 le dernier vestige de la Nouvelle Vague, mais aussi le représentant d’un cinéma qui n’a existé qu’à travers lui. Caractérisé par ses contradictions, le réalisateur franco-suisse a connu bien des conflits avec son art, son entourage et lui-même. L’évolution de sa filmographie l’a rendu aussi culte que protéiforme, parfois révolutionnaire, parfois poétique et souvent opaque. Les adieux à Godard ne seront pas sans conséquence pour le septième art.
ah cette "nouvelle Vague", a vite fait pchiit, comme dirait l'Autre,
elle aura duré entre 5 et 8 ans a vu de nez,
pas même une decennie
le premier film que j'ai vu de Godard, c'est un long plan sur les fesses ' tu les aimes mes fesses"de la Top Bardot avec michel Picolli, tout un programme
j'ai vu un certains nombre de film de Godard et d'autres surfeurs de la nouvelle Vague, d'un point de vue technique et general , les images sont crasseuses et a degeuler, c'est mon goût pour les belles images qui me dire çà,
Raoul Coutard qui est un grand chef Op de l'époque ,et un Grand tout court ,un abonné d'un Godard le disait pourquoi; pas ou peu tres peu de projo, camera à l'epaule, tournage plus ou moins à l'arrache,façon reportage avec les pellicules de l'époque, …pas s'attendre a de belles images
J'aime beaucoup ses premiers films, jusqu'en 1966. Des mises en scène inventives et des idées parfois absurdes qui m'ont toujours fascinées.
@LeconcombreMoisi
Bienvenue au club !
Et bien moi je viens egalemrnt de voir le mepris et ça m’a bien plus malgré certains trucs très relou : la musique qui revient nous saouler régulièrement , Bardot à tarter , et surtout un son catastrophique qui nous empêche de comprendre 60% des dialogues, surtout avec cette musique qui revient en boucle. Mais l’image et la mise en scène , la chorégraphie des scènes intérieurs, c’est du lourd
Je viens de voir Le Mépris (mon premier Godard) et j’avoue que j’ai énormément de mal à comprendre le culte autour de ce mec. Franchement c’est juste austère et chiant (donc génial pour le cinéphile). Et cette musique qui revient toutes les 2 min… Un peu lol quoi
A part JR, tous les autres commentaires montrent à quel point ce site est le refuge des c…
Et je m’inclus dedans.
Mais je suis moins c.. quand même.
Le mec est détestable, ses films
d’un ennui profond, sale type totalement survendus qui a fait beaucoup de mal au cinema français qui est persuadé que c’est à ça que doit ressembler le cinéma dit d’auteur. Mais je reconnais l’icône qu’il a su devenir. Et franchement il a mon admiration éternelle pour avoir eu le courage de mettre fin à sa vie par suicide assisté. Ciao.
Vu que A bout de souffle, son cinéma n’a jamais été ma tasse de thé comme la plupart des réalisateurs de la nouvelle vague.
Pas fan non plus. Toutefois on ne pourra jamais nié son importance dans le cinéma, americain notamment.
Vu de lui que Pierrot le Fou et Le Mépris. Pas ma tasse de thé mais je lui reconnais sa singularité qui a fait exploser les codes en son temps. J'aimais bien l'écouter dans des émissions il y a longtemps, une sorte de caricature de l'artiste perdu dans son monde de création qui ne voyait la vie qu'au travers son art. Il dégageait une personnalité très sombre et maussade, je ne sais pas s'il était vraiment comme ça dans la vie.

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