Dans l'industrie du cinéma d'animation, les jeunes Français surfent sur… – Notre Temps

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Biberonnés par Toy Story et élevés aux films de super-héros, 200 diplômés de l’école de cinéma d’animation de l’Esma ont fait leur show à Montpellier, à l’assaut d’une industrie plus que jamais avide de talents “made in France” avec l’avènement des plateformes de streaming.
“Vivre de l’animation, ça serait idéal. La localisation, on verra bien ce qu’on nous propose”, sourit Vincent Levrero, co-lauréat du premier prix décerné vendredi par un jury de professionnels venu assister à la projection des 27 courts-métrages des élèves, dans un multiplexe de cette ville du sud de la France.
Le jeune homme vient d’achever sa formation de quatre ans sur le campus toulousain de l’Ecole supérieure des métiers artistiques (Esma), l’une des plus réputées de France dans le domaine de l’animation et des effets spéciaux, aux côtés de l’Ecole des Gobelins (Paris), Rubika (Valenciennes), Motion Pictures in Arles (MoPa) ou encore ARTFX (Montpellier, Paris, Lille).
Fondée en 2002 à Montpellier, l’Esma a pour sa part essaimé à Nantes, Lyon, Toulouse, Bordeaux et même Montreal.
“Swing to the Moon”, le film choisi “à l’unanimité” par le jury, dure un peu plus de six minutes, et il a fallu plus d’un an de travail “acharné” aux sept membres de l’équipe, dont six jeunes femmes, pour le faire naître, soulignait Vincent Levrero, lors de la soirée de gala finale.
“Swing to the Moon” raconte l’histoire de Temi, une petite araignée aux grands yeux qui rêve d’attraper la lune. “Nous voulions une histoire à la fois simple et poétique. Partir d’une petite idée et la voir prendre forme visuellement, c’est merveilleux”, explique Elisa Brique, autre membre de l’équipe.
Elle aussi “espère” que les entretiens organisés samedi entre ex-étudiants et professionnels – 1.200 rencontres dans la journée – “déboucheront sur des premiers contacts avec pas mal de studios”.
– Une “French Touch” féminisée –
Interrogés sur leurs influences, ces jeunes d’une vingtaine d’années citent Pixar (Toy Story, Cars), le studio Ghibli (“Le Voyage de Chihiro”), mais aussi les super-productions aux effets spéciaux spectaculaires des films Marvel (“Avengers”) et DC Comics (“Batman”).
Des représentants de spécialistes du cinéma d’animation, des effets spéciaux et du jeu vidéo étaient présents à Montpellier, dont Fortiche, responsable de la série “Arcane”, Ubisoft (“Les lapins crétins”), Framestore (Top Gun: Maverick) ou encore Illumination Studios Paris (“Les Minions”) et Netflix Animation.
“L’animation française s’est imposée comme une des premières productions mondiales et a su tirer parti de la demande forte de contenu, notamment celles des nouveaux acteurs non-linéaires”, ces fameux services de vidéo à la demande comme Netflix ou Amazon Prime, mais en profitant aussi des aides publiques à la création et aux investissements étrangers en France, a souligné en juin le Centre national du Cinéma et de l’image animée (CNC).
En 2020, 7.850 personnes étaient employées en France dans les entreprises de production de films d’animation, plus du double qu’il y a 15 ans, selon le CNC, qui souligne une féminisation de la profession (environ 40% des effectifs).
Et cette “French touch fait rayonner la France”, se réjouit le directeur-général des écoles Esma, Karim Khenissi, évoquant ces anciens étudiants partis à Londres ou en Californie avant, parfois, de revenir dans l’Hexagone, notamment en raison de la pandémie.
“Ce que je recherche ici, c’est ce moment d’émotion qui fait que le personnage d’un dessin animé a une âme”, s’enthousiasme la présidente du jury, Shelley Page, ancienne de DreamWorks Animation et aujourd’hui “dénicheuse de talents” pour le studio londonien Locksmith Animation.
Les 27 films présentés reflétaient la grande diversité proposée par l’animation, le plus souvent en 3D, avec des oeuvres clairement destinées aux jeunes enfants, d’autres ciblant les adultes avec des thématiques dures comme les violences sexuelles, ou des approches oniriques.
“Ce qui prime, c’est l’artistique, on est là pour faire des images, l’animation 3D, ce n’est qu’un outil parmi d’autres”, confiait le responsable du département effets visuels de RodeoFX à Montréal, Sylvain Nouveau, qui figure au générique de Game of Thrones.
Diplômé de l’Esma-Montpellier en 2007, il y revient régulièrement, “essentiellement” pour tâcher de recruter de nouveaux collègues.
siu/ol/thm
DREAMWORKS ANIMATION SKG
NETFLIX
UBISOFT ENTERTAINMENT
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