Bilan de mi-parcours : quels sont les 10 meilleurs films de 2022 (pour l’instant) ? – Konbini

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Publié le
par Arthur Cios
L’été est enfin là et il est l’heure du bilan de mi-mandat de cette année 2022.
Côté films, il y a de très belles choses. Des blockbusters qui font le taf et des petits films qui nous ont pris de court, ces six premiers mois ont été un régal pour les yeux. Et si l’on avait pu vous parler des Contes du hasard et autres fantaisies, des deux sublimes The Souvenir, ou encore du dernier film de Cédric Klapisch, En corps, nous avons essayé de réduire la liste pour vous parler de nos dix plus gros coups de cœur.
Des films à rattraper (si ce n’est pas déjà fait) pendant vos vacances. Promis, vous ne serez pas déçu·e·s du voyage.
Encore un film A24, encore un film sorti directement sur Amazon Prime, encore une pépite. Le retour de David Lowery (A Ghost Story), avec un film de fantasy reprenant un conte arthurien peu célèbre, ne pouvait que nous exciter. Les premières images faisaient rêver, tant la photo semblait sublime. Spoiler : le résultat était encore plus beau et fou qu’escompté. Un immense coup de cœur pour un film indispensable, déjà culte.
Licorice Pizza, la nouvelle réalisation ambitieuse de PTA, virevolte dans les souvenirs du Los Angeles des années 1970 cher au cœur du réalisateur et nous embarque dans un tourbillon de nostalgie joyeuse, à travers cette étrange romance adolescente atypique, scellée dès la scène d’ouverture, inoubliable.
Grâce à un plan-séquence de plusieurs minutes, la relation entre Gary (Cooper Hoffman) et Alana (Alana Haim, un personnage, un physique et une singularité totalement inédits dans le paysage hollywoodien) se matérialise sous nos yeux, en même temps que leurs personnalités, et pose le décor du film dans un rythme effréné qui ne s’arrêtera qu’au générique de fin, nous laissant perplexes mais persuadés d’avoir vu l’un des meilleurs films de l’année.
Encore un biopic sur la très médiatisée Lady Di ? Oui. Mais lorsqu’il est signé par l’un des meilleurs, le Chilien Pablo Larrain, habitué aux destins féminins tragiques, il mérite sa place dans cette sélection. Ici, Kristen Stewart, à la fois sage et en dehors des cadres, métamorphosée et ornée d’un élégant accent britannique, incarne parfaitement cette princesse rebelle au grand cœur, faisant se succéder les humeurs au rythme de ses incessants changements de tenues.
L’univers fastueux mais aussi inquiétant de la famille royale anglaise est ici sublimé par l’incroyable travail de lumière ultra-léché de la directrice de la photographie française du film, Claire Mathon (qui a notamment travaillé sur les films de Maïwenn et Céline Sciamma).
Il y a quelques années, l’annonce même d’un projet de ce type nous aurait fait peur. Le succès critique et commercial de Joker nous a rappelé que finalement, un one-shot sur The Batman avec un ton différent, une ambition éloignée du DCEU dégueu de Joss Whedon, pouvait être une bonne idée. Chapeau à Matt Reeves qui a su transformer Robert Pattinson en l’un des meilleurs Bruce Wayne, à l’univers punk-grunge époustouflant.
Avec ce premier film bourré d’énergie, Anaïs Volpé s’impose comme une réalisatrice prometteuse pour dépoussiérer le cinéma français. Dans Entre les vagues, un récit d’amitié puissant et habité par ses deux comédiennes, Souheila Yacoub (puissante dans Climax ou Les Sauvages) et Déborah Lukumuena (l’étoile de Divines) jouent deux amies férues de théâtre. Lorsque l’une est prise pour interpréter le rôle principal d’une pièce, l’autre est amenée à faire sa doublure. Solidaires et appliquées, les deux amies vont se stimuler pour servir au mieux ce personnage qu’elles partagent, jusqu’à ce que l’une d’entre elles — pour une raison qu’on ne révélera pas — va offrir à l’autre l’occasion de briller à sa place.
Ce film drôle et déchirant à la fois transpire d’ardeur et nous a emportés dans un tourbillon de rires et de larmes. Une cinéaste à suivre de près.
Depuis que Laure Calamy a déserté l’agence ASK de Dix pour cent, le cinéma lui déroule le tapis rouge. Dans À plein temps, l’actrice incarne une mère célibataire jonglant entre son job de femme de chambre dans un palace parisien, perpétuellement chronométré, et sa vie de famille loin du tumulte de la capitale, sur fond de grèves nationales des transports.
Cette vie impossible, dans un Paris crade et bordélique, est rythmée par une musique angoissante, rendant hypnotisante sa perpétuelle course contre la montre. Intense et angoissant, cette pépite prend un malin plaisir à jouer avec nos nerfs. En portant le film à elle seule, Laure Calamy a réussi à décrocher un prix à Venise pour sa prestation haletante.
Le film de Panah Panahi, passé par la Quinzaine des Réalisateurs de 2021, nous a pris par surprise. Ce road trip familial en Iran, fuite en avant d’un régime qui a fait tant de mal au père du cinéaste, le réalisateur Jafar Panahi, est une véritable leçon d’écriture, et marque au fer rouge votre petit cœur fragile. Hit The Road n’est néanmoins pas que très beau, c’est poétique, drôle, amer, pinçant, espiègle. Réussi.
On vous rabâche les oreilles depuis des années maintenant que Robert Eggers est un cinéaste qui va marquer son époque. Son premier film, The Witch, était déjà une claque, et The Lighthouse nous avait autant déroutés que fascinés. Le cinéaste avait le budget d’un blockbuster pour faire chez une major un film de Viking bourrin et basé sur du Shakespeare et tout le vouait à échouer, à faire trop gros et loin de son ADN de ciné indé.
Mais la magie a opéré. Eggers a réussi à transcender ce truc casse-gueule pour pondre une œuvre unique, où chaque plan est un tableau, où la mise en scène fait décrocher la mâchoire. Pas qu’une belle réussite : un film important, qui devrait marquer les esprits, voire l’histoire.
On ne présente plus Park Chan-wook, l’un des cinéastes les plus importants de Corée. De son film sur la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud (Joint Security Area) à son film d’époque thrillo-érotique (Mademoiselle), le cinéaste n’a réalisé que des chefs-d’œuvre — on n’exagère pas. Avec Decision to Leave, le réalisateur rappelle qu’il n’est pas que le metteur en scène d’Old Boy mais qu’il aime, avant tout, raconter de grandes histoires d’amour, toujours avec une mastria technique à rendre jalouse toute personne ayant déjà été derrière une caméra.
De la science-fiction ouatée et un émouvant Colin Farrell sont au programme d’After Yang, la délicate fresque futuriste de Kogonada. Après une fantastique séquence d’ouverture énergique et colorée où des familles s’affrontent dans un grand concours de danse virtuel, le film se déploie dans un univers minimaliste et apaisant où les intérieurs sont épurés et les paroles chuchotées.
Ici, le futur n’est pas anxiogène et les androïdes ne sont pas une menace, ils font partie de la famille et ont même des sentiments. Sans s’embarrasser de trop de considérations technologiques, le réalisateur offre un écrin raffiné propice aux questionnements philosophiques du film : transhumanisme, intelligence artificielle et héritage culturel. On y parle aussi de deuil, de perte, de séparation et de lien familial, celui qu’on crée avec d’autres qui n’ont pas la même couleur de peau, ne sont pas du même sang ou de la même espèce.
Article écrit par Arthur Cios et Manon Marcillat.
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